Les méfaits de Cupidon
Il n’est en ce monde tyran plus arbitraire
Que ce garçon rougeaud qui a Vénus pour mère;
Cupidon, car c’est lui, possède en son carquois
Un pouvoir bien plus grand que le plus grand des rois.
Frivole, fantasque, jouet de ses envies,
Esclave docile d’étranges fantaisies,
Il trompe son ennui en pliant sous son faix,
Sans guère de bonté, les hommes ses sujets.
Quand sa flèche légère au robuste empennage
Se fiche dans le sein du gamin le plus sage,
La pauvre victime, privée de son repos,
Se résigne à souffrir les plus affreux des maux.
Quel effrayant pouvoir est le sien, ce me semble.
J’en ai si grande peur que malgré moi j’en tremble;
Tout me paraît meilleur, s’il me faut dire vrai,
Que le joug si pesant auquel il nous soumet.
Ses décrets sont fatals et l’acte irréversible,
Son arc toujours bandé, de tout il fait sa cible,
Il suit son bon plaisir et ne rate jamais,
Insoucieux des torts que son caprice a faits.
C’est un seigneur jaloux, et qui veut qu’on l’adore,
Qui est blanc de rage quand il voit qu’on l’ignore;
Que toute personne aime, ainsi veut Cupidon;
Et qui ne le veut pas, il lui courbe le front.
Il est jusques aux dieux qui craignent son empire
Et, voyant ses méfaits, affectent d’en sourire;
Car aucun d’eux ne veut succomber à ses coups
Pour avoir une fois éveillé son courroux.
Homme! il te faut soumettre aux fers qu’on te prépare
Car il est peu de cœurs que l’amour n’accapare;
Tu ne peux que prier, dans cet étroit carcan,
Qu’il t’unisse à quelqu’un qui t’aime tout autant.
Que ce garçon rougeaud qui a Vénus pour mère;
Cupidon, car c’est lui, possède en son carquois
Un pouvoir bien plus grand que le plus grand des rois.
Frivole, fantasque, jouet de ses envies,
Esclave docile d’étranges fantaisies,
Il trompe son ennui en pliant sous son faix,
Sans guère de bonté, les hommes ses sujets.
Quand sa flèche légère au robuste empennage
Se fiche dans le sein du gamin le plus sage,
La pauvre victime, privée de son repos,
Se résigne à souffrir les plus affreux des maux.
Quel effrayant pouvoir est le sien, ce me semble.
J’en ai si grande peur que malgré moi j’en tremble;
Tout me paraît meilleur, s’il me faut dire vrai,
Que le joug si pesant auquel il nous soumet.
Ses décrets sont fatals et l’acte irréversible,
Son arc toujours bandé, de tout il fait sa cible,
Il suit son bon plaisir et ne rate jamais,
Insoucieux des torts que son caprice a faits.
C’est un seigneur jaloux, et qui veut qu’on l’adore,
Qui est blanc de rage quand il voit qu’on l’ignore;
Que toute personne aime, ainsi veut Cupidon;
Et qui ne le veut pas, il lui courbe le front.
Il est jusques aux dieux qui craignent son empire
Et, voyant ses méfaits, affectent d’en sourire;
Car aucun d’eux ne veut succomber à ses coups
Pour avoir une fois éveillé son courroux.
Homme! il te faut soumettre aux fers qu’on te prépare
Car il est peu de cœurs que l’amour n’accapare;
Tu ne peux que prier, dans cet étroit carcan,
Qu’il t’unisse à quelqu’un qui t’aime tout autant.


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