Violence et gouvernement
Les évènements en Libye nous rappellent quelle aversion nous avons acquise à l'égard d'une certaine forme de violence. Lors des crises tunisienne et égyptienne, presque tous les gouvernements occidentaux ont fait connaître leur sympathie pour la cause des manifestants, sans toutefois agir de façon trop visible en faveur d'un camp ou de l'autre. Ils auraient sans doute adopté la même position en ce qui concerne les évènements en Libye, si les autorités locales n'avaient pas eu recours à la violence pour réprimer les contestataires. Alors, la condamnation a été immédiate et universelle: Muammar Khadafi doit partir. Il n'entre plus dans notre façon de concevoir la politique qu'un gouvernement a le droit d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour survivre. Le dirigeant libyen a calculé que son régime connaîtrait le sort de ses voisins s'il optait pour la négociation; il a donc choisi la force. Mais c'est un choix que la communauté internationale ne permet plus de faire. Au fait, la mise au ban de Khadafi fera probablement beaucoup pour alimenter l'état d'instabilité que connaît présentement le monde arabe: la rue n'aura pas été longue à réaliser quel discrédit attend les gouvernements qui utiliseront la force contre elle.


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